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Vienne 2013/ concerts du 30 juin 2013

Chick Corea

Three Quartets est le nom d’un fameux album de 1981 dans lequel Chick Corea emmène son ami Michael Brecker, Eddie Gomez et Steve Gadd dans les landes du classique, s’inspirant en 4 mouvements (“Quartet” n°1, n°2…) de quatuors à cordes du baroque, des périodes romantiques ou impressionnistes, et rendant hommage à Duke Ellington et John Coltrane. On se souvient au passage de cet autre quartet de 1995 (album Time Warp), un peu sous-estimé lors de sa parution, avec feu Bob Berg, John Patitucci et Gary Novak. C’est donc en quartet, sa configuration favorite, que le maître revient aujourd’hui au Théâtre Antique. À soixante-douze ans, le pianiste de Boston semble débordant d’énergie. À Vienne l’année dernière, il était “Together” avec Bobby McFerrin. Les deux complices partagent en effet les mêmes idées : il n’existe pour eux aucune frontière entre la musique dite “sérieuse” et la musique de divertissement. Ils l’ont encore démontré en interprétant avec une même inspiration des œuvres de Bernstein et Mozart ou le fameux “Spain” de Chick Corea. Déjà Invité en 2005 à Vienne pour son projet “Touchstone”, original et latinisant, Corea investissait cette même scène trois ans plus tard avec le légendaire Return To Forever. Dès 1969, Miles Davis faisait déjà appel à la science du pianiste sur les claviers électriques et électroniques pour accoucher de l’emblématique In A Silent Way, cet opus qui (avec Bitches Brew) servait de fil conducteur à l’édition 2011 de Jazz à Vienne. Cette année fut d’ailleurs particulièrement productive pour Chick Corea : outre sa tournée mondiale avec Return to Forever IV, le pianiste s’est vu remettre un Grammy pour l’album Corea, Clarke & White : Forever, il a enregistré l’album Orvieto en duo avec Stefano Bollani et réalisé The Continent, son deuxième concerto. Il a enfin conclu cette saison trépidante par une résidence d’un mois au fameux Blue Note de New York en compagnie, entre autres, de John McLaughlin, Herbie Hancock ou Bobby McFerrin.
Chick Corea (p), Tim Garland (s), Charles Altura (g), Christian McBride (b), Marcus Gilmore (dms)

Ibrahim Maalouf

Avec le (double) album Diachronism (2009) et avecDiagnostic paru à la fin de l’année 2011, Ibrahim Maalouf avait secoué la planète jazz. Au carrefour de mille et une influences, le trompettiste Franco-Libanais a créé un son unique que sert sa déjà fameuse trompette à quarts de ton. Jazz, musique traditionnelle, rock, slam, funk et même métal : Ibrahim Maalouf mélange savamment les genres et brasse les cultures pour une musique toujours plus universelle. Opérant cette fois un virage radical vers un jazz de facture plus classique, Maalouf signe avec Wind(2012) une œuvre en noir et blanc, un disque au fort pouvoir d’évocation cinématographique. Cet album enregistré à New York parle de souffle et de sensualité. Les thèmes, les tableaux du nouveau répertoire s’enchaînent à la façon d’une B.O, comme si Ennio Morricone buvait à la santé de Chet Baker et Miles Davis. Le jeune orfèvre en quarts de ton signe là un disque majeur, un quatrième album qui situe définitivement notre Franco-Libanais dans la cour des grands. Maalouf n’a jamais caché son admiration pour Miles Davis, ni pour l’Ascenseur pour l’échafaud de Louis Malle auquel ce disque fait écho. Cela ne l’empêche pas d’imposer une fois de plus sa griffe sur une musique atmosphérique et sensuelle qui relie les couleurs modales (l’Orient) et le langage du jazz moderne (l’Occident). Un bouche-à-bouche laudateur accompagne déjà Ibrahim Maalouf depuis la parution en 2007 de son premier album, Diasporas. Ce natif de Beyrouth (en 1980) accompagne alors un aréopage de vedettes de la pop et de la chanson, de Mathieu Chedid, Amadou & Mariam et Lhasa à Arthur H, Sting ou Vincent Delerm. Formé dès l’âge de 7 ans comme un athlète du son par son père Nassim Maalouf, trompettiste classique et inventeur de la trompette à jouer les maqâms arabes, le jeune Ibrahim devient vite une bête à concours. Aujourd’hui, le souffle lumineux du jeune virtuose vise juste, en longues déambulations oniriques, porté par les méandres de son Orient imaginaire jusqu’aux confins du jazz, de l‘électro… Et du cinéma.
Ibrahim Maalouf (tp), Mark Turner (s), Frank Woeste (p), Larry Grenadier (b), Clarence Penn (dms)

The grace of Kinshasa

The grace of Kinshasa Dirigé par Ambroise Kua-Nzambi Toto, président de la Fédération congolaise de musique chorale, le Chœur La Grâce of Kinshasa (République démocratique du Congo), chorale d’amateurs créée en 1985, milite pour le développement, le désenclavement et la promotion de la musique chorale africaine. “La Grâce” a choisi de se construire un répertoire typiquement congolais dans le style negro folk, les cantiques populaires et traditionnels de différentes ethnies du Congo. Son spectacle de chants, danses, percussions authentiquement africains, riche en sons et en couleurs, est le reflet de toute une culture et de l’âme du peuple congolais.

EYM Trio

Amalgame de résonances envoûtantes reprenant des sonorités d’Europe de l’Est, EYM Trio est né d’une rencontre en novembre 2010. Cette formation s’inspire autant des légendes du jazz que des artistes actuels pour créer leur propre style. Ces trois jeunes musiciens lyonnais qui ont remporté le prix du public du Golden Jazz Trophy en 2012, vont vous faire partager leur passions avec comme mot d’ordre le plaisir de jouer ensemble !
Elie Dufour (P), Yann Phayphet (cb), Marc Michel (dms)

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