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Autour de Brassens 2024 : une première soirée « Dans le cœur de Georges »

Gilles Lavernhe

Le week end de festival de l’Argentière a débuté le vendredi 19 juillet par une soirée en deux parties : tout d’abord, Gilles Lavernhe est venu présenter son tour de chant. Gilles est neurologue à la ville ; il chante et compose depuis ses dix-sept ans. Ses modèles ? Brassens, bien sûr, mais aussi Leonard Cohen et Moustaki. Comme l’a dit Eluard, point de hasard ici, mais seulement une rencontre : celle entre Gilles (le docteur) et Maurice (le patient) ; le second, séduit par les chansons du premier a souhaité offrir une tribune musicale à celui qui l’avait si bien soigné.

Gilles nous a donc interprété ses compos et nous a fait rentrer dans son univers : « Je dois vieillir (« être vieux, c’est être jeune depuis très longtemps » me fait penser à Groucho Marx qui a déclaré « Dans chaque vieux, il y a un jeune qui se demande ce qui s’est passé »). Un autre titre, écrite à la manière des contes de Marcel Aymé se termine par une petite morale candide sur la fin de la vie : « ce chemin que tu n’as pas choisi, tu peux quand même le rendre beau ».

D’autres chansons suivent : une très légère parlant d’un poisson qui s’habitue à vivre en ville et à ne plus respirer sous l’eau ; une autre, en hommage à Moustaki, « étranger dans tous les pays, il se sentait partout chez lui ». A propos d’un autre titre qui parle des migrants, Gilles déclare : « certaines chansons, on n’a pas l’impression de les avoir écrites ; elles viennent à vous comme ça… »

Après un tour de chant de plus d’une heure (touchant et sincère, mais peut-être un peu trop long), Gilles conclut par deux titres de Brassens avant de quitter son public et de céder la place à Livane.

Livane

J’ai déjà écrit sur Livane l’an dernier, en octobre 2023, lors de sa très belle prestation lors du Festival d’Ensuès-la-Redonne. Je ne ferai donc pas une longue chronique. Pour ceux qui auraient raté le premier épisode, sachez que Livane a écrit un spectacle intitulé « Dans le cœur de Georges » et qui raconte la rencontre, puis l’histoire d’amour entre « Jo », le poète sétois et celle qu’il appelait affectueusement « Püpchen », sa « petite poupée », rencontrée à la station de métro « Plaisance ». Même si je connaissais déjà ce « seule en scène », j’ai adoré revoir ce qui m’avait déjà plu : les talons hauts sur lesquels Livane-Joha virevolte et qui battent le rythme des mélodies ; le son sibyllin de la guitare, sur lequel vient se poser la voix mutine et charmante de l’interprète ; le sample : voix enregistrée (« Elle est à toi ») ; le parapluie  multicolore que Livane utilise  dans ses chorégraphies (« L’Orage ») et qui lui sert tour à tour de rame, de flèche et bien sûr, de parapluie ; la robe verte ; le foulard orange….

Dans ce théâtre chanté, les chansons sont au service de l’histoire. Tout s’accorde et se met en place devant nous. J’ai déjà écrit sur l’aspect actuel et féministe de ce récital. Je conclurais donc par une jolie citation de celui qui nous réunit tous : « je ne voulais pas me marier donc je ne pouvais pas avoir de relation, ni promettre le mariage. Je me suis forcément lié avec des femmes qui s’ennuyaient dans leur vie ». Une autre phrase intéressante qui parle cette fois-ci de Jeanne : « Il (Jo) m’a raconté leur histoire beaucoup plus tard. Jeanne, elle, savait que Georges était un trésor et Georges ne savait pas qu’il était un trésor ». Au terme de cette soirée à l’Argentière, on peut le dire, coquin de sort, ce trésor, il brille encore !

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