Une création hypnotique entre mythe saharien et fusion électro-orientale
Le public des Détours de Babel 2026 a découvert, vendredi soir, l’un des projets les plus singuliers de cette édition?: Zerzura, fruit de la collaboration entre le groupe lyonnais Mazalda et la chanteuse égyptienne Hend Elrawy. Une rencontre artistique qui a donné naissance à un concert dense, vibrant, et profondément narratif.
Une fusion musicale parfaitement maîtrisée
Sur scène, Mazalda déploie son esthétique bien connue?: une énergie électrique, des rythmes chaloupés et une instrumentation hybride mêlant banjo électro-acoustique, batterie percussive et synthétiseur oriental. Le groupe installe un terrain sonore mouvant, oscillant entre groove dansant et textures plus contemplatives.
La voix d’Hend Elrawy, ancienne chanteuse d’Orange Blossom, s’y inscrit avec une évidence remarquable. Son timbre ample et expressif apporte une dimension émotionnelle forte, capable de porter aussi bien la douceur d’un conte que la tension d’une incantation. Sa présence scénique, sobre mais magnétique, constitue l’un des piliers du projet.
Un mythe saharien comme fil narratif

Zerzura s’inspire d’une légende du Sahara?: celle d’une cité engloutie par les sables, gardée par des géants et habitée par un roi et une reine endormis auprès d’un trésor. Une histoire transmise oralement à travers les siècles, située quelque part entre l’Égypte et la Libye, et qui a nourri l’imaginaire de nombreux explorateurs.
Cette trame mythologique sert de fil conducteur au concert. Les musiciens la convoquent sans jamais tomber dans l’illustration littérale?: elle devient un prétexte à l’exploration sonore, un horizon poétique qui relie les morceaux entre eux.
Entre tradition et modernité
Le répertoire navigue entre compositions originales et réinterprétations de musiques traditionnelles, notamment le folklore Ghasba-Chaoui, emblématique des régions berbères du désert. Le titre «?Zerzura?», déjà revisité par Mazalda, occupe une place centrale?: un chant ancien réarrangé dans une version hypnotique, où les motifs répétitifs et les pulsations électroniques créent une atmosphère de transe.
Cette capacité à faire dialoguer héritage musical et création contemporaine constitue l’une des forces du projet. Le concert ne cherche pas à reproduire une tradition?: il la prolonge, la transforme, la projette dans un espace nouveau.

Un voyage sensoriel
Au fil du concert, la salle se laisse progressivement entraîner dans un mouvement collectif. Les rythmes s’intensifient, les couches sonores se superposent, et la voix d’Hend Elrawy agit comme un fil d’Ariane. L’ensemble produit une expérience immersive, où la danse et l’écoute se rejoignent.
Zerzura s’impose ainsi comme une proposition artistique ambitieuse, capable de conjuguer exigence musicale et puissance évocatrice. Un moment fort de cette édition des Détours de Babel, qui confirme la pertinence des croisements culturels au cœur du festival.
Hend Elrawy Voix lead
Hadrien Santos Da Silva Batterie
Stéphane Cézard Saz électrique, banjo
Lucas Spirli Synthétiseurs
Adrien Spirli Synthé basse






