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« Les Amis de Brassens »: deux heures 30 de spectacle sans entracte pour un tour d’horizon complet des chansons du Grand Georges

Nous avons assisté le samedi 24 juillet à l’Argentière-La-Bessée au concert des « Amis de Brassens », trio formé par Bruno Granier à la guitare, Philippe Lafon, à la guitare, à la mandoline et au dobro et Laurent Clain, à la contrebasse. On ne s’étendra pas sur le fait que Bruno Granier est le petit cousin de Georges Brassens, qu’il a souvent la même voix que son illustre parent et parfois, aussi le même regard. C’est dit, c’est fait ; maintenant, passons à autre chose. Le concert ne se limitait pas à cela : il valait le déplacement car les Amis de Brassens a offert à son public un spectacle de qualité : 37 titres interprétés avec brio  en 2 h 30, sans entracte.  On notera, de la part du trio, la volonté de tout balayer : les chansons connues, les airs moins connus, les chansons inédites remises au goût du jour. « Les Amis de Brassens » ont également souhaité chanter des chansons de la prime jeunesse du Sétois : celles qu’il aimait écouter et fredonner, composées par des auteurs compositeurs qu’il a, par la suite, rencontrés, quand il est devenu célèbre : « Je suis swing » de Johnny Hess et Charles Trenet, « Le Petit Bateau de pêche » de Paul Misraki, « Puisque vous partez en voyage » et « le Petit chemin » de Mireille et Jean Nohain.

BRUNO GRANIER , Argentière la Bessée, 2021, crédit photo Sebastien CHOLIER

La plupart de ces titres sont interprétés avec des arrangements très « manouche »  et donnent à la soirée un rythme soutenu et entraînant. Les explications de Bruno sont claires et concises. Le public n’a pas le temps de s’ennuyer. Après les titres swing (on peut entre parenthèses mentionner, pour ceux qui ne le savent pas encore, le fait que Georges Brassens a « emprunté » plusieurs grilles à Django dans ses  chansons), Philippe Lafon lâche sa guitare pour la mandoline et le trio interprète alors des airs avec des sonorités napolitaines, destinées à rappeler les origines italiennes du Sétois : on citera les trois tarentelles chantées ce soir-là : « le Gorille », « Pauvre Martin », « Gastilbeza ».

La guitare Dobro : une guitare qui prolonge les sons !

Enfin, pour terminer la soirée, un dernier changement d’instrument a lieu : la mandoline est délaissée au profit du dobro : une guitare folk avec résonateur qui permet de prolonger les sons. L’introduction revisitée de « l’Auvergnat » est pulsée, le solo de dobro sur « la ballade des cimetières » ; très pêchu ; « une petite fleur » prend des allures de balade folk.  Les titres sont renouvelés et le public apprécie en les reprenant en chœur.  

NOM ARTISTE , Argentière la Bessée, 2021, crédit photo Sebastien CHOLIER

La contrebasse de Laurent Clain qui fait des miracles

Enfin, dans le trio, il ne faut pas, non plus, oublier la contrebasse de Laurent Clain qui fait des miracles dans bon nombre de titres, dont « les Passantes »  — dans lesquelles Laurent restitue avec talent le contrechamp imaginé par Pierre Nicolas  — ; ou alors dans « ce petit chemin » (très belle impro) ou dans « le gant » de Sully Prudhomme (mis en musique par B. Granier).

Une corde cassée et du plaisir en plus

Pour terminer cet article, on n’oubliera pas de préciser que ce très beau trio a su s’adapter  aux aléas du direct : quand une corde de la guitare de Bruno s’est cassée, c’est Philippe Lafon qui a assuré l’intérim en déclarant avec humour : « il a fallu trafiquer les cordes pour avoir le privilège d’être sous les feux de la rampe ». Il a donc interprété deux chansons supplémentaires (« Je m’voyais déjà » et  « Si seulement elle était jolie »), ce qui a porté le total des titres interprétés à 37.  A ceux qui penseraient que c’est trop, que le concert a été trop long, je répéterais que non, que personne dans le public n’a vu passer la soirée et je laisserais le mot de la fin à Philippe qui m’a dit après le spectacle : « on a voulu faire un très bel hommage, on a voulu se faire plaisir et montrer des chansons inédites sans enlever celles que les spectateurs veulent que l’on chante ». Le moins que l’on puisse dire c’est que les « Amis de Brassens » y sont parfaitement  parvenus.

BRUNO GRANIER , Argentière la Bessée, 2021, crédit photo Sebastien CHOLIER

Pour aller plus loin …

Site officiel: « Les amis de Brassens »

Association : « Auprès de Son Arbre »

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