Swing manouche pour Michel Avallone
La soirée de vendredi 6 août a débuté par un tour de chant de Michel Avallone accompagné de Jean-Louis Charrat à la contrebasse.


Il a commencé à interpréter ses compositions agrémentées d’arrangements manouches, puis a chanté plusieurs chansons de Brassens. Michel, avec sa voix chaude et grave, joue avec les sonorités des mots ; il improvise de façon très « blues » sur ses propres titres et ses interprétations du poète sétois sont à la fois personnelles (mention spéciale à son « gorille » dans lequel il imite parfaitement la voix de la « vieille » et à sa version interactive de « la cane de Jeanne ») et fidèles. Il a une belle complicité avec son contrebassiste. Tous deux ont donné un bon coup d’envoi à la soirée, avant l’entrée en scène de Mardjane Chemirani et René Brion.
Mardjane Chémirani et René Brion : un moment d’émotion pure
Le spectacle de Mardjane et René a commencé par un discours de Chantal Goubert qui a présenté les deux artistes : « deux talents unis au service de Tonton Georges ». Dès le début de son tour de chant, Mardjane nous séduit par sa belle voix grave et son visage expressif : non seulement elle chante, mais aussi elle mime les chansons de Brassens. Ce qu’a dit Chantal Goubert dans sa présentation prend alors tout son sens : Mardjane est une chanteuse, mais elle est aussi comédienne et ça se voit, ça se ressent, ça se savoure ! Telle une fabuliste, elle raconte une histoire. Elle fait des gestes avec ses mains, elle change de voix, ou de tempo. Par exemple, pour « l’orage », elle commence lentement, puis accélère le rythme en allant crescendo. Sur « la fessée », elle minaude (« avez-vous remarqué que j’avais un beau c… ? »). Lorsqu’elle interprète « Oncle Archibald », Mardjane mime parfaitement la mort, aguicheuse, qui parcourt les allées du cimetière à la recherche de sa proie. Sa diction est parfaite et met en relief, de façon nette et précise, les vers de Brassens. Le public est charmé, séduit, ému (jusqu’aux larmes, en ce qui me concerne).


C’est une injustice de n’avoir pas encore parlé, jusqu’à présent, de l’accompagnement au piano de René Brion. Ce que l’on note dès le début, c’est qu’il est parfaitement en phase avec Mardjane : il la regarde, se cale sur elle. Entre eux, il y a une vraie symbiose. Ses arrangements souvent « jazzy » mettent en relief la voix de sa partenaire. Il sait comme elle, jouer sur le tempo, l’intensité : sur le titre « Philistins », l’accompagnement au piano est minimaliste, très léger au début de la chanson ; puis, au fur et à mesure, devient de plus en plus fourni pour finalement, revenir au tempo calme et lent du début.

René n’accompagne pas seulement Mardjane, il chante aussi sur certains titres. Sur « Saturne » par exemple, il interprète les premières phrases. Sur « Pauvre Martin », tous deux interprètent ensemble le refrain (Mardjane change de tonalité) et, -c’est un euphémisme-, leurs deux voix s’harmonisent parfaitement. En ce qui concerne, les solos de piano de René, ils sont très talentueux ; et les arrangements, très réussis. Mardjane précise, lors du concert, que c’est grâce à ses arrangements qu’elle a accepté de chanter à nouveau « les sabots d’Hélène », chanson qui l’avait un peu « lassée ».
Si l’on doit résumer ce tour de chant, on peut dire qu’il a été un moment d’émotion pure. Mardjane et René ont parfaitement réussi à séduire l’assistance. Leur spectacle s’intitule « Vous reprendrez bien un peu de Brassens ? ». Il est sûr et certain que le public de Charavines a répondu par l’affirmative à cette question. Bravo à eux !
Très jolies photos Sébastien.
Merci Martial.
A très bientôt j’espère.